Archives de la catégorie ‘Roman’

Geisha – Arthur Golden

Publié: avril 2, 2013 dans Roman


GeishaRésumé

À neuf ans, dans le Japon d’avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto.
Dotée d’extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend vite qu’il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l’amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs.
Elle triomphera des pièges que lui tend la haine d’une rivale. Elle rencontrera finalement l’amour…Écrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d’un exceptionnel document et le souffle d’un grand roman. Il nous entraîne au cœur d’un univers exotique où se mêlent érotisme et perversité, cruauté et raffinement, séduction et mystère.

Mon avis

Première lecture dans le cadre du Club de Lecture de Lyon organisé via Livraddict, et je dois dire que c’est une bonne surprise !

La couverture m’avait déjà beaucoup attirée (c’est d’ailleurs ce qui avait motivé mon achat), mais je ne m’étais pas encore trouvé le courage de le commencer.

L’histoire débute dans un petit village de pêcheurs au fin fond du Japon, au début de 20e siècle. Nous faisons la rencontre de Chiyo, la narratrice de ce livre, qui vit auprès de ses parents et de sa grande sœur Satsu. Alors que sa mère est mourante, son père décide de vendre ses deux filles à un homme de la ville voisine. Les deux fillettes sont rapidement séparées, et Chiyo devient membre de l’okiya Nitta, pension où sont formées les futures geishas. Elle y côtoie Hatsumomo, l’une des geishas les plus en vue du moment, qu’elle admire pour son élégance mais craint pour sa méchanceté sans égale. Entre espoir et résignation, son parcours sera difficile mais ponctué de rencontres étonnantes qui lui permettront de devenir l’une des geisha les plus convoitées du Japon.

Malgré le thème difficile de cette histoire – deux fillettes d’à peine 10 ans vendues par leur père à un parfait inconnu pour on-ne-sait-trop-quoi – Arthur Golden a réussi à ne pas sombrer dans le pathos, et à nous livrer une image authentique du pays du soleil levant et de ses coutumes si mal connues de la plupart des européens, qui assimilons souvent geisha et prostituée. La vérité est bien sur plus complexe, et le parcours de Chiyo laisse parfois le lecteur perplexe, ne sachant si son statut de geisha « en devenir » est une chance ou un calvaire.

Malgré les difficultés de l’apprentissage et les humiliations, nous découvrons ainsi que les geishas sont expertes dans de nombreux arts, cérémonie du thé,  musique ou encore danse, et respectent un code de conduite et d’honneur très sophistiqué. Il est parfois difficile de ne pas se révolter contre la condition féminine qui transparaît dans le roman ; les femmes sont avant tout un parement, devant divertir ces messieurs fortunés pendant qu’ils se soûlent, activité qui occupe la majorité de leurs soirées.

Arthur Golden a en tous les cas fait un travail de recherche très poussé, je me suis souvent demandé si cette histoire était vraie au cours de ma lecture tant l’histoire semblait réaliste et documentée. L’écriture est tout à la fois très riche, presque poétique, et très accessible, ce qui permet une lecture facile. Seul bémol pour moi, la fin, légèrement téléportée et surtout trop « happy end », qu in’était pour moi pas nécessaire et qui nuit tout de même au souvenir que j’en garderai…

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Robe de mariéRésumé

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

Mon avis

WAAAA. Je pourrais presque m’en tenir là, mais soyons sympa, je vais développer un peu 🙂

Ce livre est dans ma bibliothèque depuis une petite éternité après avoir fait quelques emplettes sur un marché aux livres, j’en avais vaguement entendu parler, je me suis dit qu’il était toujours intéressant de l’avoir sous la main au cas où.

16h34, première page.

20h, après plusieurs tentatives ratées pour poser le livre et vaquer à mes occupations habituelles, j’ai finalement craqué et ai dévoré ce qu’il restait du pauvre objet entre mes mains.

Cela faisait une éternité que je n’avais pas été captivée par un livre de cette manière. Certes il n’est pas très long, plutôt facile à lire, mais il est surtout très prenant, et ce jusqu’aux toutes dernières pages.

L’intrigue est au début très confuse, à l’image de Sophie, cette jeune femme dont nous suivons l’histoire, baby-sitter dans une famille bourgeoise. Tout se met en place assez rapidement, mais de retournements de situation en découvertes, le lecteur ne sait finalement jamais très bien s’il est au bout de ses surprises ou non. Entre réalité et apparence, Pierre Lemaitre nous impose un rythme sans temps morts et s’amuse à bousculer les certitudes que le lecteur pensait avoir acquises.

Un dernier conseil, évitez de lire les résumés des différentes éditions, qui en dévoilent malheureusement trop et pourrait gâcher votre plaisir…

Résumé

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que  » ça ne pardonne pas  » et parce qu’il n’est  » pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur « . Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son  » trou juif « , elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré  » des peuples à disposer d’eux-mêmes  » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort.

Mon avis

Ce qui est magique avec ce livre, c’est que dès les premières pages on est conquis par ce petit bonhomme, avec sa manière bien à lui de nous raconter sa vie, pas toujours facile mais toujours avec bonne humeur. On s’attache facilement à lui, tout comme à Madame Rosa, cette maman de substitution pour des générations d’enfants abandonnés qui lutte désespérément contre ses angoisses et les cicatrices que lui a laissées Auschwitz. Momo est touchant par sa naïveté, et son regard « neuf » sur le monde.

Le style peut certes déranger, mais tout comme L’Attrape-Cœurs ou Wam, c’est le genre de livre qui ne laisse pas de marbre, et au-delà de la grammaire hasardeuse ou des expressions mélangées, l’essentiel est là, bien présent, et m’a totalement convaincu.

Résumé

Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Mon avis

J’ai tourné les dernières pages il y a déjà quelques semaines, et j’ai toujours du mal à savoir ce que j’en ai pensé…

J’ai beaucoup aimé le style de Jane Austen ; c’est certes un peu « vieillot », mais jamais lourd ou difficile à suivre, son écriture est fluide tout en gardant les codes de l’époque, ce qui m’a permis de complètement me plonger dans cette atmosphère du 19e siècle, ce qui n’était pas sans me rappeler les Hauts de HurleVent que j’avais relu il y a quelques temps.

L’intrigue m’a un peu plus surprise, et en grande partie parce qu’en ayant lu le résumé du livre, et ayant vu la bande-annonce du film, je pensais à un déroulement complètement différent. Je me sentais donc flouée de ne pas voir l’histoire avancer au rythme que j’avais imaginé, et j’ai finalement eu l’impression que l’auteur n’avait pas été « assez » loin. Ca m’apprendra à trop me renseigner sur les livres que je veux lire ! L’intrigue est pourtant très bien déroulée, je n’ai pas trouvé de longueurs, et le tout se lit finalement assez rapidement. J’ai adoré le personnage d’Elizabeth, sa liberté de penser et son effort permanent pour respecter l’étiquette, qui permet de ne pas en faire une caricature mais une réelle icône.

Wam – Slimane Kader

Publié: août 22, 2011 dans Partenariat, Roman

Résumé

Les aventures, sur une nuit, d’un jeune de cité venu goûter au miel de « Paname ».
Un premier roman à se tordre de rire.

Wam et ses copains de la « cité des artistes » ont un emploi du temps immuable : lever à 16 heures puis occupation du hall BC jusqu’à la tombée de la nuit. Un soir, accablés par l’ennui, ils décident d’une virée sur Paname… Le début d’une nuit de folie… Happé dans un tourbillon de vie et d’embrouilles, Wam se retrouve au milieu d’une crise de couple, se tape la cloche à l’oeil dans une brasserie, festoie dans un Donald avec un caïd du 93, pousse la chansonnette dans un loft de bobos, devient mascotte d’une soirée mondaine, transforme un camion poubelle en taxi, etc.

Sur le modèle de After Hours de Martin Scorcese – une nuit, une grande ville, une succession d’aventures -, ce premier roman enchaîne blagues et rebondissements à un rythme trépidant et nous fait découvrir un Paris inédit : voici la ville lumière telle qu’elle brille dans le regard d’un enfant des cités. Voici comment toute ville fait fantasmer ceux qui vivent à ses marges.

Mon avis

Tout d’abord un grand merci à Livraddict et aux Editions Robert Laffont / NIL pour m’avoir permis de participer à ce partenariat.
Une chose est certaine, cette lecture ne m’a pas laissée de marbre !

Je dois avouer que j’ai commencé par être un peu énervée par le style de l’auteur. Il faut savoir que le livre est écrit dans un langage « parlé » : des mots en « verlan », de l’argot pas toujours facile à décortiquer, une syntaxe un peu hasardeuse… Ce qui m’a le plus gêné a été les « … » à la fin de chaque phrase, tout au long des 168 pages du livre. Le reste est un style d’écriture, qu’on aime ou qu’on aime pas, et qui ne m’a finalement pas posé de problème après un petit temps d’adaptation, mais ces points de suspension partout ont vraiment pesé sur ma lecture.

Le narrateur de cette histoire est Wam, jeune adulte vivant dans la Cité des Artistes en banlieue parisienne. J’ai aimé la manière dont il nous dépeint son quartier, ses copains d’enfance et ses plans galères, avec un mélange de sérieux et d’auto-dérision, sans jamais s’apitoyer sur son sort.

Assez rapidement, l’un de ses amis lui propose une virée nocturne à Paris, qu’il accepte pour tromper son ennui. Le voilà donc seul, livré à lui-même dans la capitale, contraint de trouver de quoi s’occuper. On découvre alors, au fil de ses déboires, un caïd au cœur tendre, bien loin des stéréotypes derrière son allure de gosse des quartiers.

C’est un livre qui se lit assez rapidement, le rythme étant soutenu et sans temps morts, et bien que la fin m’ait légèrement déçue, je garde un bon souvenir de cette lecture, qui n’est pas sans rappeler L’attrape-cœurs de Salinger, qui est d’ailleurs cité au début du livre (ce qui m’a sans doute aidé à faire ce rapprochement, d’autant plus que je l’ai lu il y a quelques semaines seulement).

Boomerang – Tatiana de Rosnay

Publié: juillet 27, 2011 dans Roman

Résumé

Sa soeur était sur le point de lui révéler un secret… et c’est l’accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l’angoisse au ventre, alors qu’il attend qu’elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence : sa femme l’a quitté, ses ados lui échappent, son métier l’ennuie et son vieux père le tyrannise. Comment en est-il arrivé là ? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s’apprêtait-elle à lui faire ?

Mon avis

Cela faisait quelques temps que ce livre était dans ma bibliothèque, et ayant envie d’une lecture qui ne soit pas prise de tête, je me suis décidée à l’ouvrir.

J’ai aimé l’écriture directe et efficace de Tatiana de Rosnay. Les personnages sont naturels et attachants, malgré quelques stéréotypes. Le résumé m’avait laissé penser à une pointe de suspens, mais il ne faut pas s’y tromper : cette fameuse révélation n’est qu’un prétexte à l’histoire, qui se nourrit de la vie d’Antoine, la quarantaine, fraichement divorcé, qui tente de reprendre sa vie en main. On devine d’ailleurs assez rapidement de quoi il est question, du moins dans les grandes lignes, et le voir tourner autour du pot m’a parfois donné l’impression que l’histoire n’avançait pas.

En parallèle, son quotidien, sa difficulté à gérer sa vie entre un travail d’architecte qui ne le passionne plus depuis longtemps, ses enfants adolescents avec qui il ne sait pas comment communiquer et son statut de célibataire ne parvenant pas à oublier son ex-femme est très bien rendue, et ce qui aurait pu être banal est finalement assez accrocheur.

En somme, cela reste un bilan assez mitigé. Malgré la curiosité qui pousse à continuer sa lecture, je n’en ai pas gardé un souvenir impérissable et je suis vite passée à autre chose.

Résumé

Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d’en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l’autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s’éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu’Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.

Mon Avis

Ce livre comporte sept parties, sept « morceaux » choisis de la vie de Mattia et d’Alice, qui nous permettent de les voir évoluer, de l’enfance à l’âge adulte. On découvre ainsi  comment malmenés par la vie, ils se sont adaptés pour survivre, malgré leurs souffrances.

J’ai été touchée par ces deux êtres, par le lien si particulier qui les unit, et par l’incompréhension et l’indifférence de leur entourage.

La plume de Paolo Giordano retranscrit à merveille leur détresse, et en toute simplicité, sans excès de pathos. Ce dernier point peut en gêner certains : pas d’explosion de sentiments, pas de révolte de la part des personnages… Cette résignation est aussi l’un des éléments qui m’ont plu dans ce livre : même si on a parfois envie de les voir lutter pour s’en sortir, ils savent et acceptent ce qu’ils sont et ne souhaitent pas rentrer dans le moule que leur impose la société.