Archives de la catégorie ‘Littérature’

Résumé

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que  » ça ne pardonne pas  » et parce qu’il n’est  » pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur « . Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son  » trou juif « , elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré  » des peuples à disposer d’eux-mêmes  » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort.

Mon avis

Ce qui est magique avec ce livre, c’est que dès les premières pages on est conquis par ce petit bonhomme, avec sa manière bien à lui de nous raconter sa vie, pas toujours facile mais toujours avec bonne humeur. On s’attache facilement à lui, tout comme à Madame Rosa, cette maman de substitution pour des générations d’enfants abandonnés qui lutte désespérément contre ses angoisses et les cicatrices que lui a laissées Auschwitz. Momo est touchant par sa naïveté, et son regard « neuf » sur le monde.

Le style peut certes déranger, mais tout comme L’Attrape-Cœurs ou Wam, c’est le genre de livre qui ne laisse pas de marbre, et au-delà de la grammaire hasardeuse ou des expressions mélangées, l’essentiel est là, bien présent, et m’a totalement convaincu.

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Résumé

Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Mon avis

J’ai tourné les dernières pages il y a déjà quelques semaines, et j’ai toujours du mal à savoir ce que j’en ai pensé…

J’ai beaucoup aimé le style de Jane Austen ; c’est certes un peu « vieillot », mais jamais lourd ou difficile à suivre, son écriture est fluide tout en gardant les codes de l’époque, ce qui m’a permis de complètement me plonger dans cette atmosphère du 19e siècle, ce qui n’était pas sans me rappeler les Hauts de HurleVent que j’avais relu il y a quelques temps.

L’intrigue m’a un peu plus surprise, et en grande partie parce qu’en ayant lu le résumé du livre, et ayant vu la bande-annonce du film, je pensais à un déroulement complètement différent. Je me sentais donc flouée de ne pas voir l’histoire avancer au rythme que j’avais imaginé, et j’ai finalement eu l’impression que l’auteur n’avait pas été « assez » loin. Ca m’apprendra à trop me renseigner sur les livres que je veux lire ! L’intrigue est pourtant très bien déroulée, je n’ai pas trouvé de longueurs, et le tout se lit finalement assez rapidement. J’ai adoré le personnage d’Elizabeth, sa liberté de penser et son effort permanent pour respecter l’étiquette, qui permet de ne pas en faire une caricature mais une réelle icône.

Résumé

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Mon avis

J’ai découvert ce livre lorsque j’avais 12 ans, et je me souviens encore de l’attraction incroyable qu’il avait eu sur moi. Effrayée de ne pas le trouver à la hauteur de mon souvenir, j’ai longtemps repoussé le moment de le relire. C’est finalement une lecture commune organisée par mimi-lit sur Livrradict qui m’a convaincue de tourner la première page !

Après avoir passé le prologue, qui me semblait entrer beaucoup trop en détail dans l’intrigue (mais que je relirai a posteriori avec plaisir pour aller plus loin dans ma lecture), j’ai très rapidement réussi à m’immerger dans l’ambiance du livre.

Ce récit, qui raconte l’histoire de deux riches familles, les Linton et les Earnshaw, est amené de manière originale, puisqu’il se fait par l’intermédiaire du souvenir de Mrs Dean, femme de charge au service des deux familles depuis des décennies. Il constitue une véritable saga familiale, mêlant amour, passion et vengeance. Le style d’Emily Brontë est assez incroyable. Il est à la fois recherché, littéraire, et totalement accessible. Les mots sont tellement justes qu’ils permettent, sans aucune difficulté, de se plonger dans l’époque et les lieux si particuliers de cette histoire, et de vivre pleinement avec les personnages leurs malheurs.

Car ce récit est avant celui de la déchéance de ces deux familles, orchestrée par Heathcliff. Orphelin recueilli et aimé par Mr Earnshaw, ce personnage sombre conserve une grande part de mystère. Il incarne certes le « démon » dans cette histoire, mais je n’ai pu m’empêcher de l’apprécier et de le prendre en pitié certaines fois, face aux épreuves que la vie lui avait réservé. J’ai également été touchée par le jeune Hareton, dont la bonne nature n’a jamais disparu malgré l’éducation qu’il a pu recevoir.

Cette lecture est donc finalement, pour la deuxième fois, un énorme coup de coeur. Il n’y a rien que je n’ai pas aimé, et j’avais hâte chaque jour de me replonger dans ce livre, tout en redoutant le moment où il se terminerait et où je devrais passer à autre chose. Je ne pensais pas qu’un livre se déroulant en des temps aussi éloignés, avec des moeurs si différentes des nôtres, pourrait me faire vibrer à ce point.

Les avis des autres Livvradicitiens ici : platinegirl, Hidile, mimi-lit , vengi

Résumé

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.

Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.

Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent.

Mon avis

Une véritable claque ! J’ai ouvert ce livre un peu par hasard, et je ne véritablement pas à un chef d’œuvre de cet ordre…

L’intrigue est menée de main de maître ; il m’a fallu quelques chapitres pour me rendre compte que j’avas été happée par l’histoire de Daniel et que je pouvais plus m’en libérer. Les mystères se multiplient, et on se prend à chercher avec ardeur la vérité auprès du jeune narrateur, jusqu’à l’apothéose finale, où tout s’emboite enfin tel un jeu de poupées russes. Je n’en dirai pas plus pour ne surtout pas spoiler les futurs lecteurs…

Carlos Luis Zafon mêle avec génie les genres : roman initiatique et historique, mais aussi roman de suspense, le contexte de la guerre civile espagnole est magnifiquement rendu, et m’a permis de découvrir cette partie de l’Histoire et de l’Europe avec une perspective nouvelle.

Enfin, j’ai trouvé l’écriture absolument magnifique ; le style est recherché, mais parfaitement accessible et fluide, et l’ensemble est d’une harmonie incomparable, si bien que l’on est encore plus rapidement transporté au cœur de cette histoire.

C’est vraiment pour moi de la grande Littérature et un énorme coup de cœur que je conseille à tous de découvrir.  

 

Résumé

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

« Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »

Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cyniue, arrive encore à déchiffrer :

« Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres. »

Mon avis

Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain, c’est mon premier livre de George Orwell (1984 attendant sagement son tour dans ma PAL), et c’est donc une découverte. Le résumé m’avait énormément plus, et c’est donc presque convaincue d’avance que je me suis lancée à la découverte de cette ferme où les animaux font la loi.

Orwell a remarquablement biens mis en avant la manière dont la révolution peut renverser un tyran… pour le remplacer par un autre. Les mécanismes de la révolte, puis du retour à un « régime » totalitaire sont parfaitement décrits, et il est impossible de ne pas faire le parallèle avec l’Histoire, tant l’illusion est à peine voilée.

Pour autant, ce livre n’est pas vraiment un coup de coeur, et j’ai trouvé qu’il s’essouflait un peu sur la fin. Peut-être que le résumé m’avait trop plu et que j’en attendais trop, ou ais-je déjà lu des livres semblables, tels que Matin Brun (de Franck Pavloff)… Il m’a manqué quelque chose pour me sentir subjuguée, et j’aurais souhaité l’avoir lu plus jeune, où l’avoir étudié, car je pense qu’il est parsemé de messages cachés plus ou moins accessibles.

En tout les cas je pense que c’est un livre à découvrir, car l’enseignement qu’il apporte est et sera toujours d’actualité.