Fondation – Isaac Asimov

Publié: juillet 5, 2011 dans Science-Fiction

Ordre de lecture

Pour commencer, quelques petites précisions sur la chronologie et l’ordre de lecture des livres composant la saga Fondation, car j’ai moi-même eu du mal à m’y retrouver.

Le cœur du cycle est constitué par les trois tomes Fondation, Fondation et Empire et Seconde Fondation, qui ont été publiés ensemble dans les années 1950. La numérotation Folio SF les présente bien comme les tomes I, II et III.

Dans les années 1980, deux nouveaux livres paraissent, donnant une « suite » au cycle : Fondation foudroyée et Terre et Fondation (tome IV et V donc).

Enfin, deux préquelles ont été publiées : Prélude à Fondation et L’Aube à Fondation.

Résumé du premier tome 

En ce début de treizième millénaire, l’Empire n’a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la galaxie. C’est dans sa capitale, Trantor, que l’éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l’avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire d’ici trois siècles, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs…

Mon avis général

Pour mon premier cycle de Science-Fiction, c’est un véritable coup de cœur. Très portée sur la Fantasy, j’avais toujours tenu ce genre à l’écart, sans véritable raison, sauf que je ne savais pas par où commencer. Mais maintenant que j’ai trouvé la ficelle, je vais tirer dessus avec joie 🙂 (d’ailleurs Dune est bizarrement apparu dans ma PAL ce week-end…)

Contrairement à ce que j’aurai pu penser, je n’ai pas trouvé de descriptions futuristes interminables, de voyages interplanétaires sans fin… Je me suis immergée avec plaisir dans ce nouvel univers, décrit avec précision et simplicité.

La psychohistoire, qui prétend calculer les possibilités qu’offrent l’avenir, en se basant sur la loi des grands nombres, est un concept particulièrement intéressant. Encore une fois, pas de détails superflus qui perdraient le lecteur dans des notions scientifiques inutiles. On sait uniquement que cette science prédit de manière certaine la chute de l’Empire et la nécessité de créer la Fondation, et cela est bien suffisant. Face aux réactions de la population de la Fondation, on se demande souvent si le seul fait d’avoir parlé de la psychohistoire n’a pas modifié l’histoire à venir ; on voit en effet souvent les personnages essayer de comprendre ce que Seldon avait imaginé pour eux, et modifier leur comportement en fonction de ces éléments. Plus les années passent, et plus Hari Seldon devient un mythe, presque une divinité leur ayant prédit un avenir brillant, sans que le moindre effort soit nécessaire.

Le seul élément perturbant est l’organisation du livre : entre chaque partie (il y en a 5 dans ce premier tome, et seulement 2 dans les tomes 2 et 3), on fait un saut dans le temps de plusieurs dizaines d’années, et on se trouve donc avec de nouveaux personnages et une situation totalement différente. Chacune de ces parties voit la Fondation faire face à une crise, et devoir y remédier avec les moyens à sa disposition. Pas de batailles épiques donc, mais un subtil mélange de politique, de manipulation et de ruse qui m’a particulièrement plu. 

 

Mon avis : Tome 1

Ce premier tome, composé de cinq parties, est le plus morcelé, mais aussi le plus facile à lire.

Il commence sur Trantor, centre de l’Empire, et permet de faire connaissance avec Hari Seldon, qui reste un personnage très mystérieux. On y apprend les conditions de la création de la Fondation, motivé par les prédictions de la psychohistoire.

Les quatre parties suivantes relatent les premières crises traversées par la Fondation. On y croise donc beaucoup de personnages, et il est parfois difficile de passer d’une partie à l’autre. Il est par contre extrêmement intéressant de voir la Fondation évoluer et se développer, et d’observer les rouages de la politique.

Les personnages ne sont pas particulièrement développés, faute de temps, mais on échappe aux stéréotypes, et il n’y a ni bons ni méchants, même si on a parfois envie de taper sur la tête de certains pour leur remettre les idées en place.

C’est le tome que j’ai préféré ; il est relativement simple et rapide à lire, on est emporté par les retournements de situation et on prend beaucoup de plaisir à voir la Fondation se développer.

 

Mon avis : Tome 2

Après la découverte d’éléments majeurs à la fin du premier tome, je me suis empressée de commencer le second. Il n’y a que deux parties dans ce livre, ce qui permet d’avoir une narration plus détaillée et des personnages plus construits, en particulier dans la deuxième partie. L’intrigue est par conséquente plus complexe, et souffre parfois de quelques longueurs.

On retrouve donc la Fondation et l’Empire, mais encore une fois à une époque différente. Cette fois, on a une vision directe de ce qui est arrivé à l’Empire depuis le début de la Fondation. De plus, cette dernière, crée il y déjà quelques centaines d’années, sortie victorieuse et sans cesse plus puissante des crises traversées, commence à stagner, reléguant au rang de légende la Plan de Seldon. Leurs dirigeants, pris dans une certaine inertie, restent sur leurs acquis et sont beaucoup moins réactifs aux événements extérieurs. Mais il ne faut pas oublier que l’Empire, bien qu’affaibli, garde l’héritage de sa puissance passée, et le rayonnement de la Fondation finit par attirer son attention.

La deuxième partie, beaucoup plus longue, met en scène un nouveau personnage, appelé le Mulet, qui menace directement la Fondation. J’ai vraiment beaucoup aimé cette deuxième partie, et les nombreuses questions qu’elle pose. On y voit la Fondation incapable d’entreprendre la moindre action, persuadée qu’un miracle la sauvera, puisque tel est le plan de Seldon. Ils en viennent finalement à considérer Seldon comme un demi-Dieu, et ne sont finalement pas si diffèrent des peuples aveuglés par la religion qu’ils ont crées. Le livre finit en apothéose, mais j’ai trouvé que le dénouement était un peu long à venir. Malgré cela, j’ai beaucoup apprécié ce deuxième tome, et je me suis rapidement rapidement tournée vers le suivant.

 

Mon avis : Tome 3

On en apprend enfin plus sur la Seconde Fondation, dont on avait brièvement entendu parler au tout début du Tome 1. Les informations sont bien entendues données au compte-goutte, sous forme d’intermèdes.

Bien que retardé par la mort d’Ebling Mis, le Mulet a décidé de trouver coûte que coûte la Seconde Fondation, afin d’anéantir le danger qu’elle représente. Han Pritcher, capitaine à la solde du Mulet, et Bail Channis, qui n’a pas été converti, partent donc à la rechercher de la Seconde Fondation. Cette dernière va devoir se dévoiler afin de protéger son secret… On en découvre enfin un petit peu plus sur les personnes de la Seconde Fondation et sur leurs formidables capacités. Mais leur rôle reste encore mystérieux…

Cette intervention a cependant révélé à la Galaxie l’existence de cette Seconde Fondation, jusqu’ici passée sous silence. Sur Terminus, un groupe de personnes étudiant les sciences de l’esprit prennent alors conscience que les membres de la Seconde Fondation sont capables de manipuler les émotions, tout comme le faisait le Mulet. Face au danger, ils reviennent donc sur les pas du Mulet afin de découvrir la planète abritant la Seconde Fondation, qui encore une fois devra intervenir de manière particulièrement habile pour protéger son secret tout en maintenant le Plan sur le droit chemin.

Ce tome est plus difficile à lire : construit à la manière d’un polar, il y a des moments de flottements, d’incertitudes, nécessaires pour l’intrigue. La description des sciences psychiques et des données utilisées pour le calcul du plan de Seldon sont amenées en douceur, mais parfois un peu difficile à appréhender. Les machinations, les retournements de situation sont cependant de mises, et on reste scotché au livre jusqu’à la dernière phrase.

 

 

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commentaires
  1. Luna dit :

    J’ai relu le premier tome il y a peu de temps et je reste tout aussi admirative de ce livre qu’à ma première lecture 🙂
    Un vrai plaisir !

    Merci d’être passée 🙂

  2. Gigi-sempai dit :

    J’ai envie de le liiiiiiiiire !
    J’ai lu 3 livres du cycle des robots de Isaac Asimov et j’avais vraiment bien aimé. Je te conseille de les lire car je pense que tu va aimer. ^^

    • nnenetth dit :

      J’ai déjà les deux premiers tomes dans ma biblio, je les avais évité jusqu’ici car je trouvais la couverture hideuse (…), mais vu ton enthousiasme je vais m’y pencher de plus près !
      En tout cas n’hésite pas sur Fondation, c’est vraiment une série géniale !

  3. Mes lectures dit :

    J’en avais vaguement entendu parler mais je ne savais pas vraiment ce que c’était.. Je pense que je vais me renseigner parce que ça m’a l’air assez intéressant. Merci à toi de m’avoir fait découvrir!

  4. Nathalie dit :

    J’ai lu ton article jusqu’à la fin de la partie 1 parce que je n’ai pas encore lu les suivantes, mais je compte bien y revenir quand ce sera fait 🙂

    Je suis tout à fait d’accord avec la plupart de tes commentaires, l’importance de la psychohistoire et son originalité, la personnalité centrale d’Harri Seldon, etc. La seule chose avec laquelle je ne suis pas d’accord c’est quand tu écris que les membres de Fondation n’ont aucun effort à faire pour un avenir brillant ; d’abord l’avenir promis ne me semble pas particulièrement brillant puis que (si j’ai bien compris) on parle de 1000 ans de chaos pour ensuite revenir seulement au niveau de vie et de paix précédent. Et enfin, il me semble que s’en remettre aveuglément aux prévisions d’un homme qui a vécu longtemps avant, c’est loin d’être facile, surtout pendant les périodes de crise décrites !

    Mais pour le reste je partage ton enthousiasme et j’ai ajouté un lien vers ton article dans le mien : http://nath-pageapage.blogspot.com/2012/03/fondation-disaac-asimov.html 🙂

    • nnenetth dit :

      Oui je comprends tout à fait ce que tu veux dire, je me souviens surtout d’avoir eu l’impression que les personnages avaient tendance à se reposer sur la science d’Harri Seldon, et sur le fait qu’il avait tout prévu pour que leurs choix soient nécessairement les bons, et que cela me semblait du coup « trop facile ». Cela dit, j’avais apprécié la dualité entre les personnages pensant qu’il fallait laisser les évènements suivre leurs cours sans interférer, voyant Seldon comme celui qui avait absolument tout prévu et tout anticipé, et les autres qui tentent de tirer leur épingles du jeu par la même occasion.

      Je n’ai lu pour l’instant que la trilogie initiale, mais j’ai très envie depuis quelques temps de lire les deux derniers tomes, et surtout le prélude, qui s’intéresse de plus près à Seldon ! Je vais suivre tes posts pour voir ton avis sur les autres tomes de la trilogie en tout cas, et merci de ton passage sur mon blog 😉

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