Archives de juillet, 2011

Résumé

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Mon avis

J’ai découvert ce livre lorsque j’avais 12 ans, et je me souviens encore de l’attraction incroyable qu’il avait eu sur moi. Effrayée de ne pas le trouver à la hauteur de mon souvenir, j’ai longtemps repoussé le moment de le relire. C’est finalement une lecture commune organisée par mimi-lit sur Livrradict qui m’a convaincue de tourner la première page !

Après avoir passé le prologue, qui me semblait entrer beaucoup trop en détail dans l’intrigue (mais que je relirai a posteriori avec plaisir pour aller plus loin dans ma lecture), j’ai très rapidement réussi à m’immerger dans l’ambiance du livre.

Ce récit, qui raconte l’histoire de deux riches familles, les Linton et les Earnshaw, est amené de manière originale, puisqu’il se fait par l’intermédiaire du souvenir de Mrs Dean, femme de charge au service des deux familles depuis des décennies. Il constitue une véritable saga familiale, mêlant amour, passion et vengeance. Le style d’Emily Brontë est assez incroyable. Il est à la fois recherché, littéraire, et totalement accessible. Les mots sont tellement justes qu’ils permettent, sans aucune difficulté, de se plonger dans l’époque et les lieux si particuliers de cette histoire, et de vivre pleinement avec les personnages leurs malheurs.

Car ce récit est avant celui de la déchéance de ces deux familles, orchestrée par Heathcliff. Orphelin recueilli et aimé par Mr Earnshaw, ce personnage sombre conserve une grande part de mystère. Il incarne certes le « démon » dans cette histoire, mais je n’ai pu m’empêcher de l’apprécier et de le prendre en pitié certaines fois, face aux épreuves que la vie lui avait réservé. J’ai également été touchée par le jeune Hareton, dont la bonne nature n’a jamais disparu malgré l’éducation qu’il a pu recevoir.

Cette lecture est donc finalement, pour la deuxième fois, un énorme coup de coeur. Il n’y a rien que je n’ai pas aimé, et j’avais hâte chaque jour de me replonger dans ce livre, tout en redoutant le moment où il se terminerait et où je devrais passer à autre chose. Je ne pensais pas qu’un livre se déroulant en des temps aussi éloignés, avec des moeurs si différentes des nôtres, pourrait me faire vibrer à ce point.

Les avis des autres Livvradicitiens ici : platinegirl, Hidile, mimi-lit , vengi

Boomerang – Tatiana de Rosnay

Publié: juillet 27, 2011 dans Roman

Résumé

Sa soeur était sur le point de lui révéler un secret… et c’est l’accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l’angoisse au ventre, alors qu’il attend qu’elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence : sa femme l’a quitté, ses ados lui échappent, son métier l’ennuie et son vieux père le tyrannise. Comment en est-il arrivé là ? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s’apprêtait-elle à lui faire ?

Mon avis

Cela faisait quelques temps que ce livre était dans ma bibliothèque, et ayant envie d’une lecture qui ne soit pas prise de tête, je me suis décidée à l’ouvrir.

J’ai aimé l’écriture directe et efficace de Tatiana de Rosnay. Les personnages sont naturels et attachants, malgré quelques stéréotypes. Le résumé m’avait laissé penser à une pointe de suspens, mais il ne faut pas s’y tromper : cette fameuse révélation n’est qu’un prétexte à l’histoire, qui se nourrit de la vie d’Antoine, la quarantaine, fraichement divorcé, qui tente de reprendre sa vie en main. On devine d’ailleurs assez rapidement de quoi il est question, du moins dans les grandes lignes, et le voir tourner autour du pot m’a parfois donné l’impression que l’histoire n’avançait pas.

En parallèle, son quotidien, sa difficulté à gérer sa vie entre un travail d’architecte qui ne le passionne plus depuis longtemps, ses enfants adolescents avec qui il ne sait pas comment communiquer et son statut de célibataire ne parvenant pas à oublier son ex-femme est très bien rendue, et ce qui aurait pu être banal est finalement assez accrocheur.

En somme, cela reste un bilan assez mitigé. Malgré la curiosité qui pousse à continuer sa lecture, je n’en ai pas gardé un souvenir impérissable et je suis vite passée à autre chose.

Ca* – Stephen King

Publié: juillet 22, 2011 dans Coups de coeur, Horreur

Résumé

Périodiquement, dans la petite ville de Derry (Maine), des événements tragiques se produisent : des enfants disparaissent, d’autres sont retrouvés morts, le corps déchiqueté, des incendies éclatent.

Six garçons et une fille de onze ans, qui forment un groupe d’amis fidèles, traquent cette « chose » abominable qui vit dans un réseau d’égouts abadonnés et peut prendre la forme qui lui plaît, y compris celle d’un clown qui attire les enfants avec des ballons de couleur.

Ils croiront être parvenus à anéantire le monstre, mais vingt-cinq ans plus tard tout recommence. Devenus adultes, les petits héros de 1958 se retrouvent pour affronter le mal à l’état pur. Une lutte longue et très périlleuse qui exige l’amour et l’amitié pour vaincre « Ca » qui, lui aussi, peut avoir peur…

Mon avis

J’ai lu ce livre grâce à une lecture commune organisée par Babynoux sur Livraddict. Cela m’a permis de prendre le temps de lire mon tout premier Stephen King.

La lecture commune est repoussée au mois prochain, mais puisque j’ai acheté le tome 2 et que j’attends impatiemment de pouvoir le commencer, j’ai préféré publier cette chronique maintenant. D’après les premiers échos que j’ai pu lire, ce livre est loin d’avoir fait l’unanimité, et je comprends tout à fait qu’on puisse ne pas accrocher, même si je l’ai littéralement dévoré.

J’ai trouvé que la narration extérieure apportait beaucoup au livre, car elle permet d’aller d’un personnage à l’autre, du passé au présent et vice-versa, et on a donc une vision d’ensemble de l’intrigue.

On commence par assister aux événements sanglants qui ont eu lieu à Derry, mais ils ne sont pas présentés comme des anecdotes : l’auteur prend son temps et raconte avec force de détails les événements, chacun constituant une véritable histoire. Ce style peut certes déranger, car on a l’impression de faire beaucoup de détours, mais j’ai aimé ce souci du détail qui permet de s’immerger complétement dans l’univers du livre.

La présentation des personnages se fait très progressivement, avec de nombreux aller-retour entre le présent et le passé. J’ai d’abord pris ces retours en arrière pour des flash-backs annexes, mais ce sont bien deux histoires qui se déroulent en parallèle. On a ainsi l’impression de connaitre personnellement chacun des protagonistes, de son enfance à sa vie d’adulte. La psychologie de chacun est très développée, même si l’on n’évite pas quelques clichés (la grande gueule du groupe, le maladif, le juif…). On comprend également les liens très particuliers qui unissent ces personnages, et la manière dont il se sont créés.

Je me souviens avoir remarqué que je ne me mélangeais pas les prénoms entre eux, je savais qui était qui, avec quels traits de caractère et quelle histoire.

On découvre ainsi peu à peu comment ces enfants ce sont retrouvés confrontés à Ca, et comment la promesse faite des années auparavant les ramène sur les lieux de leur enfance, théâtre de toutes leurs peurs, finir ce qu’ils avaient commencé.

Côté ambiance, c’est la première fois que j’ai la frousse en lisant un livre. C’est difficile à expliquer, mais j’ai trouvé que l’écriture de Stephen King permettait de créer une atmosphère particulièrement angoissante, dans laquelle je me suis totalement plongée. Même la lenteur de l’intrigue, qui se met en place petit à petit, contribue à créer cette ambiance si particulière.

Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas loin d’être un coup de coeur pour moi (attendons le deuxième tome pour s’en assurer…), et je suis ravie d’avoir découvert Stephen King de cette manière. Je pense l’avoir lu au bon moment, c’est-à-dire lorsque j’avais du temps, et n’étant absolument pas pressée, j’ai pu prendre mon temps pour m’immerger dans le livre sans jamais trouver ça long.

Mon seul regret ? Ma WishList vient de prendre un sacré coup 😡 …

N’hésitez pas à découvrir les avis des autres participants de cette lecture commune : reveline, Aurélie.

Résumé

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatien de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss.

Mon avis

Après ma lecture enthousiaste du premier tome de cette trilogie, je n’ai pas attendu longtemps pour me précipiter en bibliothèque (grand format oblige…) sur le second !

J’avoue avoir eu un peu peur de la tournure que pourrait prendre les événements, et je n’ai pas été déçue. On retrouve ainsi Katniss et Peeta à peu près là où on les avait quitté. Ils ont repris leurs vies dans le District Douze, et leur statut de vainqueurs leur permet d’aider leurs proches à améliorer leurs conditions de vie. Pourtant, Katniss, Peeta et Haymitch n’oublie pas la position dangereuse dans laquelle ils se sont mis lorsque la jeune fille a défié le Capitole. Alors que la rébellion couve dans les Districts, ils tentent d’apaiser les esprits en jouant plus que jamais leurs rôles. C’est alors que les règles des Jeux de l’Expiation, les 75e Hunger Games, sont dévoilées…

On retrouve la violence du premier tome, avec un aspect psychologique plus travaillé, plus précis. Les personnages sont cette fois plus fouillés, et on comprend mieux leurs motivations et leurs réactions, même si des surprises peuvent vous attendre au détour d’une page… Les Hunger Games ont fait murir Katniss, et cela se voit dans ses réactions et dans sa manière d’appréhender les événements. J’attends encore beaucoup de Peeta, même si sa personnalité est un peu plus marquée dans ce tome.

Contrairement au premier tome, auquel on pouvait (presque) s’arrêter, la fin du deuxième nous laisse sur notre faim… Le troisième tome est déjà réservé, à voir très prochainement !

Résumé

Dans un futur sombre, sur les ruines des Etats-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.

Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arêne : survivre, à tout prix.

Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. A seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature…

Mon avis

Il faut bien avouer que sans les conseils avisés et répétés des livraddictiens, je n’aurais probablement jamais ouvert ce livre… et pour cela je les remercie grandement ! Comme le livre n’existe qu’en grand format, je me suis résolue à l’emprunter à la bibliothèque, et après deux semaines d’attente, j’ai enfin pu m’y attaquer.

Je pensais, à tort, que c’était un livre « jeunesse », et j’avais un peu peur de ne pas arriver à me plonger dans l’histoire. Pourtant, dès les premières pages, je me suis retrouvée happée dans le District Douze où vit Katniss. La mise en place de l’action est progressive mais relativement rapide, si bien qu’on comprend rapidement de quoi il retourne.

On ne peut être que touchée par cette jeune fille, qui a apprit à survivre par ses propres moyens dans un contexte particulièrement difficile. Le concept même des Hunger Games est absolument horrible, et le voyeurisme du Capitole, qui le considère réellement comme un jeu et s’en amuse, est terrifiant. Les participants sont résignés et soumis, acceptant l’autorité suprême des Juges, comme s’il était de leur droit de s’amuser avec eux, trouvant sans cesse de nouveaux pièges, de nouvelles mises en situation permettant d’amuser un peu plus encore le Capitole.

Katniss et Peeta font bien souffler un vent de révolte sur le Jeu, tentant de défier les règles, mais la peur reste dominante. On devine que leurs actions ne seront pas sans conséquences, et cela donne terriblement envie de décourvir le prochain tome (Hunger Games est une trilogie).

Enfin, j’ai trouvé le caractère de Katniss parfaitement dépeint : la vie l’a rendue débrouillarde, et elle analyse avec finesse chaque situation pour faire le meilleur choix possible. Malgré cela, elle ne sait pas toujours décrypter et gérer ses émotions, ce qui permet de ne pas oublier son jeune âge. Peeta est un peu plus « lisse » dans son rôle d’amoureux transi ; le récit étant à la première personne, j’espère que c’est parce que son point de vue n’a pas forcément été développé, et qu’il nous réserve des suprises dans la suite.

N’hésitez pas à aller voir les avis des autres membres de cette Lecture Commune : Malorie57, Aurélie., bublegirl67, Elise, Melisende, Rose, Belledenuit, Bykiss, Mystix, Livraddictgirl, Tousleslivres, Lael, Eden1487, Bykiss, NiThOuxx, samlor, Splash18

Résumé

Selon Rebecca Bloomwood, « si l’on pouvait porter des vêtements neufs tous les jours, la dépression nerveuse n’existerait plus ». Droguée au shopping, notre héroïne s’expose à un nombre de tracas aussi impressionnant que le montant du relevé de sa carte de crédit. Témoin la riche correspondance qu’elle entretient avec son banquier…

Comble de l’ironie : Beckie est journaliste à Réussir vos épargnes, où son travail consiste à expliquer à ses lecteurs comment gérer leur budget. Les dettes s’amoncellent… Un dernier shopping pour se remonter le moral ? Impossible, toutes ses cartes sont bloquées. De solutions empiriques en effroyables mensonges, c’est la panique. De quoi miner aussi son début d’histoire d’amour avec le séduisant homme d’affaires Luke Brandon.

A ce stade, une issue heureuse ne tiendrait-elle pas du miracle ?

Mon avis

Voilà ma première lecture de « chick-lit ». C’est un genre qui m’attirait peu, mais à force d’en entendre parler (et en bien), je me suis dit qu’il fallait quand même essayer…

On ne peut pas dire que ce soit une expérience très concluante. J’ai apprécié le livre, mais je ne me suis pas sentie transportée par cette histoire. Becky est drôle, j’avoue avoir souvent souri en la voyant s’imaginer s’enflammer à la moindre étincelle, et s’inventer des vies magnifiques. Son obsession pour le shopping tourne parfois à la caricature, mais finalement l’ensemble se tient assez bien.

En fait, il n’y a rien qui ne m’ait particulièrement déplu, c’est une lecture légère, facile et plutôt rapide, mais je ne me suis pas sentie « happée » par l’histoire (d’autant plus qu’en passant juste après L’Ombre du Vent, la concurrence était rude…)

Et puis il y a tellement d’autres livres que j’ai envie de lire, que je crois que je vais mettre de côté ce genre pour quelques temps !

Résumé

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.

Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.

Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent.

Mon avis

Une véritable claque ! J’ai ouvert ce livre un peu par hasard, et je ne véritablement pas à un chef d’œuvre de cet ordre…

L’intrigue est menée de main de maître ; il m’a fallu quelques chapitres pour me rendre compte que j’avas été happée par l’histoire de Daniel et que je pouvais plus m’en libérer. Les mystères se multiplient, et on se prend à chercher avec ardeur la vérité auprès du jeune narrateur, jusqu’à l’apothéose finale, où tout s’emboite enfin tel un jeu de poupées russes. Je n’en dirai pas plus pour ne surtout pas spoiler les futurs lecteurs…

Carlos Luis Zafon mêle avec génie les genres : roman initiatique et historique, mais aussi roman de suspense, le contexte de la guerre civile espagnole est magnifiquement rendu, et m’a permis de découvrir cette partie de l’Histoire et de l’Europe avec une perspective nouvelle.

Enfin, j’ai trouvé l’écriture absolument magnifique ; le style est recherché, mais parfaitement accessible et fluide, et l’ensemble est d’une harmonie incomparable, si bien que l’on est encore plus rapidement transporté au cœur de cette histoire.

C’est vraiment pour moi de la grande Littérature et un énorme coup de cœur que je conseille à tous de découvrir.