Archives de juin, 2011

Le CV de Dieu – Jean-Louis Fournier

Publié: juin 27, 2011 dans Humour

Résumé

Le ciel était fini, la terre était finie, les animaux étaient finis, l’homme était fini. Dieu pensa qu’il était fini aussi, et sombra dans une profonde mélancolie. Il ne savait à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le coeur n’y était plus. Il n’avait plus confiance en lui, il avait perdu la foi.

Dieu ne croyait plus en Dieu.

Il lui fallait d’urgence de l’activité, de nouveaux projets, de gros chantiers. Il décida alors de chercher du travail, et, comme tout un chacun, il rédigea son curriculum vitae…

Mon Avis

Je dois avouer qu’après les premières pages, j’étais sceptique. Très sceptique même. Et pourtant…

Je l’ai lu d’une traite, et j’ai fini par me prendre au jeu, et même par trouver ça très drôle. Le principe est simple : Dieu passe un entretien d’embauche, et doit donc répondre aux questions de M. Le Directeur sur son CV. D’une part, le livre est drôle, entrecoupé « d’intermèdes » – questionnaires psychologiques auxquels a du répondre Dieu, correspondance entre Dieu et le Pape (un moment magique) – ce qui est déjà un bon point.

Mais au-delà de l’humour, l’auteur met subtilement en avant la mauvaise foi des Hommes, qui cherchent une explication rationnelle à toutes les créations divines, et accablent Dieu de tous les maux. Seul le passage sur les enfants malades m’a dérangé : certes le personnage de Dieu est cynique, mais cette partie là était presque déplacée et ne prêtait pas vraiment à sourire.

Je suis en tout cas vraiment ravie d’avoir ouvert ce petit livre et d’avoir profité de ce moment de bonne humeur.   

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Résumé

Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d’en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l’autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s’éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu’Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.

Mon Avis

Ce livre comporte sept parties, sept « morceaux » choisis de la vie de Mattia et d’Alice, qui nous permettent de les voir évoluer, de l’enfance à l’âge adulte. On découvre ainsi  comment malmenés par la vie, ils se sont adaptés pour survivre, malgré leurs souffrances.

J’ai été touchée par ces deux êtres, par le lien si particulier qui les unit, et par l’incompréhension et l’indifférence de leur entourage.

La plume de Paolo Giordano retranscrit à merveille leur détresse, et en toute simplicité, sans excès de pathos. Ce dernier point peut en gêner certains : pas d’explosion de sentiments, pas de révolte de la part des personnages… Cette résignation est aussi l’un des éléments qui m’ont plu dans ce livre : même si on a parfois envie de les voir lutter pour s’en sortir, ils savent et acceptent ce qu’ils sont et ne souhaitent pas rentrer dans le moule que leur impose la société.

Dragon Rouge – Thomas Harris

Publié: juin 27, 2011 dans Polar

Résumé

À un mois d’intervalle, deux familles entières sont massacrées à leur domicile, l’une à Birmingham, l’autre à Atlanta. Jack Crawford, chef du département des Sciences du comportement du FBI, charge Will Graham de trouver celui que la presse a baptisé « le Dragon rouge ».

Par le passé, Graham a montré une aptitude incroyable à se mettre dans la peau d’un psychopathe en arrêtant le Dr. Hannibal Lecter, un assassin bestial. Il consulte donc Lecter, désormais emprisonné à vie, pour comprendre et analyser les comportements du tueur.

Il constate qu’il a sévi la première fois un soir de pleine lune, et la seconde un jour avant la fin du mois lunaire. Le FBI a donc un peu plus de trois semaines pour mettre fin à ce carnage.

Mon avis

Lorsque j’ai découvert que le célèbre Hannibal  Lecter, dont le seul nom m’effraie alors que je n’ai jamais osé voir le film, était né d’un thriller, je me suis intéressée aux livres le mettant en scène. J’ai ainsi découvert qu’il n’y avait pas un mais quatre thrillers se référant à ce personnage mythique :

  • Dragon Rouge
  • Le silence des agneaux
  • Hannibal
  • Hannibal Lecter : Les origines du mal

Comme le hasard fait bien les choses, les deux permiers tomes font partie de mon Baby Challenge Thriller, et je suis tombée presque par hasard sur Dragon Rouge chez un bouquiniste.

Marquée par ma lecture de L’âme du Mal (de Maxime Chattam) il y a quelques mois, qui m’avait complètement subjuguée, je me donc lancée avec empressement dans ce nouveau thriller, motivée par les avis élogieux de camarades bloggeurs.

Alors que penser ?

Je dois avouer,  à mon plus grand regret, m’être parfois ennuyée avoir du me forcer un peu pour reprendre le cours de ma lecture.

Bien entendu, tous les ingrédients sont présents, savamment distillés, pour en faire un thriller de premier choix. Pour commencer, les meurtres sont atroces, et les scènes de meurtres sont décrites avec force de détails. La dimension psychologique des personnages, en particulier du profiler Will Graham et du Dragon Rouge sont finement travaillées. Il faut savoir que le suspens quant à l’identité du tueur n’est pas de mise, puisqu’on sait très rapidement qui il est ; en revanche, on tremble en voyant l’enquête piétienr, se rapprocher ou s’éloigner de la bonne piste, ce qui est tout aussi palpitant.

Le livre est organisé en deux parties ; la première relate les débuts de l’enquête, tandis que la deuxième, nettement plus intéressante, amène le lecteur à se mettre dans la tête du Dragon Rouge afin de comprendre son histoire et ses motivations. Sans spoiler, je suis restée quelques minutes sans voix après avoir refermé le livre, et j’ai beaucoup apprécié cette fin en apothéose.

Après réflexion, je pense que ma légère déception vient uniquement de la comparaison que j’ai malgré moi faite entre ce livre et L’âme du Mal. Certes, ce dernier le surpasse, et je n’ai donc pas retrouvé cette sensation d’être scotchée au livre, de ne pouvoir en détourner les yeux avant d’avoir compris… Mais en replaçant les choses dans leur contexte, Dragon Rouge a été écrit en 1978, il y a plus de trente ans, à une époque où le profilage en était encore à ses balbutiements, et où l’idée même de se placer dans la tête d’un psychopathe, de comprendre l’origine de ses pulsions étant totalement incongrue pour le grand public.

Je dirai donc que pour l’époque de laquelle date ce livre, c’est finalement une belle réussite, même si ce n’est pas un coup de cœur. Je lirai avec plaisir Le silence des agneaux, dans lequel il me semble que le personnage de Hannibal Lecter sera bien plus présent.

Résumé

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

« Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »

Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cyniue, arrive encore à déchiffrer :

« Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres. »

Mon avis

Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain, c’est mon premier livre de George Orwell (1984 attendant sagement son tour dans ma PAL), et c’est donc une découverte. Le résumé m’avait énormément plus, et c’est donc presque convaincue d’avance que je me suis lancée à la découverte de cette ferme où les animaux font la loi.

Orwell a remarquablement biens mis en avant la manière dont la révolution peut renverser un tyran… pour le remplacer par un autre. Les mécanismes de la révolte, puis du retour à un « régime » totalitaire sont parfaitement décrits, et il est impossible de ne pas faire le parallèle avec l’Histoire, tant l’illusion est à peine voilée.

Pour autant, ce livre n’est pas vraiment un coup de coeur, et j’ai trouvé qu’il s’essouflait un peu sur la fin. Peut-être que le résumé m’avait trop plu et que j’en attendais trop, ou ais-je déjà lu des livres semblables, tels que Matin Brun (de Franck Pavloff)… Il m’a manqué quelque chose pour me sentir subjuguée, et j’aurais souhaité l’avoir lu plus jeune, où l’avoir étudié, car je pense qu’il est parsemé de messages cachés plus ou moins accessibles.

En tout les cas je pense que c’est un livre à découvrir, car l’enseignement qu’il apporte est et sera toujours d’actualité.

Résumé

Roman de l’adolescence le plus lu du monde entier, ce livre est l’histoire d’une fugue, celle d’un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n’ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d’aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d’incertitude et d’anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L’histoire éternelle d’un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

Mon avis

J’avais vaguement entendu parler de ce livre, alors lorsque je suis tombée dessus par hasard chez un bouquiniste, je me suis dit « pourquoi pas? ».

Holden, le narrateur de l’histoire, vient d’être renvoyé de son « college », et il s’adresse à nous durant les quelques jours où il erre dans New York, en attendant de trouver le courage d’affronter ses parents.

Le style est très particulier, mais il fait justement le charme du livre. Salinger utilisé un langage parlé : beaucoup d’allocutions, une syntaxe parfois hasardeuse, et un niveau de langue très familier qui peuvent déranger au premier abord. J’avoue que les premières pages m’ont un peu déroutée, mais j’ai finalement beaucoup aimé cette narration et ce style qui permettent de retranscrire avec justesse les sentiments de Holden, propres à l’adolescent qui devient adulte, à ce regard désenchanté sur la vie, la société et les gens, mais l’espoir aussi qu’il existe un « ailleurs » correspondant à ses idéaux. Il essaye par tous les moyens d’échapper à la réalité, repoussant ses limites, mais son errance ne lui apporte pas de solutions.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Holden, sa manière de percevoir le monde qui l’entoure, ainsi que sa sensibilité. Le lien qu’il entretient avec se soeur Phoebé m’a d’ailleurs beaucoup touché.

Enfin, contrairement à d’autres critiques que j’ai pu entendre ou lire, je n’ai pas été déçue par la fin. L’important était cette tranche de vie, ces quelques jours hors du temps passés par Holden, et je n’attendais pas à autre chose.

En bref, un très bon livre à découvrir, un magnifique témoignage dans lequel beaucoup se retrouveront, au moins en partie, bien que le style particulier puisse en décourager plus d’un.

Un petit extrait…

« Les filles c’est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu’elles font quelque chose de chouette, on tombe à moitié amoureux d’elles et alors on sait plus où on est. Les filles. Bordel. Elles peuvent vous rendre dingue. Comme rien. Vraiment. »

Dix petits nègres – Agatha Christie

Publié: juin 18, 2011 dans Polar

Résumé

Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. O’Nyme, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres.

Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte.

Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Mon avis

J’ai lu ce livre pour la première fois il y a presque 10 ans (ouch le coup de vieux…), et il m’a fait découvrir et apprécier les « polar », ouvrant la voie à de nombreuses autres lectures. J’avais donc envie depuis quelque temps de m’y replonger, et c’est chose faite.

Je dois dire qu’en premier lieu j’ai été un peu déçue… la mise en place de l’intrigue, la présentation des personnages m’a semblé un peu bâclée, en tout cas vraiment très rapide. Le premier meurtre a rapidement lieu, et les autres suivent de près. Ce sentiment était de plus exacerbé par le souvenir que j’avais de la fin du livre, pensant (à tort), me souvenir de la clé de l’intrigue. Je me suis finalement laissé prendre au jeu, me rendant compte au fil des pages que je ne me souvenais pas tant que ça de la fin, et j’ai fini le livre au milieu de la nuit.

En résumé, j’ai trouvé que c’était un bon livre, mais pas aussi parfait que dans mon souvenir. La mise en place et le déroulement de l’intrigue m’ont semblé un peu trop rapide, ne laissant pas suffisamment de place pour réellement développer l’aspect psychologique des invités. Je découvrirai certainement d’autres romans de cette auteur prochainement, et pourquoi pas Hercule Poirot ou Miss Marple que je n’ai jamais lus…

Résumé

Ce roman se passe à Paris.

Et pourtant on y croise des crocodiles.

Ce roman parle des hommes. Et des femmes.

Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être.

Ce roman est l’histoire d’un mensonge.

Mais aussi une histoire d’amours, d’amitiés, de trahisons, d’argent, de rêves.

Ce roman est plein de rires et de larmes.

Ce roman, c’est la vie.

Mon avis

Je me suis laissée convaincre par ce conte des temps modernes et sa magnifique couverture, après en avoir entendu beaucoup de bien !

Je suis ainsi entrée dans l’univers et la vie de Joséphine Cortès, banlieusarde, spécialiste du Moyen-Age et fraichement divorcée. J’ai suivi avec délices ses galères, ses réussites et ses doutes. J’ai serré les dents, éclaté de rire, j’ai retenu mon souffle et soupiré de soulagement.

En bref, je me suis complètement immergée dans l’univers haut en couleur de Katherine Pancol. Certes, ce n’est pas de la grande littérature, on croise beaucoup de clichés, et les personnages sont légèrement stéréotypés, on aperçoit les ficelles de l’intrigue… mais l’ensemble est envoutant, et on se laisse charmer avec plaisir.

Un seul petit (tout petit) bémol pour moi : portée par mon enthousiasme, j’ai tout de suite poursuivi ma lecture avec le 2e tome de la sage, La valse lente des tortues. J’aurai sans doute plus apprécié ce deuxième tome si j’avais fait une pause et d’autres lectures entre temps.